« Mais ça va, t’inquiète pas. »

Évidemment que ça va pas.

J’avais oublié la cascade de merde qui te tombe dessus quand tu te prends une énième porte dans la gueule (ou alors c’est toujours la même ? )(QUELQU’UN POURRAIT CALER CETTE PUTAIN DE PORTE ??? )

(Mmm mais quelle gaieté cette image ! )

(Mmm mais quelle gaieté cette image ! )

Il faut dire que lors de mon précédent négatif j’avais cru avoir atteint un pallier. Était-ce le fameux lâcher-prise avec lequel on nous saoule tellement ? Toujours est-il que j’avais ressenti les choses avec une sorte de distance, des vacances de cerveau. Et ce serait dommage de s’habituer à la douceur quand on a signé pour en baver pas vrai.

La vérité c’est que j’en ai plein le cul les bottes.

Je me retrouve dans le même canapé, avec la même sale tête et les mêmes questionnements.

Est-ce que ce serait pas mon soit-disant-super-utérus-de-compèt qui fait tout foirer depuis le début ? (on nous a proposé la fameuse biopsie de l’endomètre de MatriceLab, -après nous avoir dit qu’on nous la conseillait pas, parce que tu le sais, c’est bien moins drôle si on te balade pas un peu- on a poliment dit non merci parce que je n’ai pas vraiment le profil et que 400 balles quoi et puis l’idée fait son chemin finalement…)

Est-ce que la fragmentation de l’ADN spermatique un poil élevée (je n’ose vous dire jusqu’où elle est montée)(allez : 70%) ne serait pas la grande emmerdeuse de l’histoire ? (non mon doigt n’a pas ripé du 3 au 7 -ils sont pourtant si proches- j’imagine que j’ai l’air naïve de me poser des questions avec une telle fragmentation, je sais que c’est très TRÈS élevé, mais tout le monde a l’air de s’en taper de cette fragmentation…)

Est-ce que ma boîte de la honte, celle où je stocke des minis-vêtements qu’on m’a quasiment forcée à acheter, ne nous porterait pas l’oeil finalement ?

Que penserait Christine Boutin de tout ça ?

La fois précédente, je m’en souviens comme si c’était hier, j’ai couru pour faire l’ouverture d’un bien connu labo parisien estampillé pma (Drouot), demandé à passer avec Janine (on l’appèlera comme ça) parce que Janine elle me fait des bleus comme les autres mais elle elle me les fait en souriant, il pleuvait ce jour-là et Janine en me piquant elle a dit « Je sens que ce sera positif, ça peut pas être une journée de merde à tous les niveaux. » alors après j’ai couru en sens inverse pour rentrer chez moi et pouvoir à loisir rafraichir la page internet de mes résultats toute la matinée (c’est très con parce que tu SAIS qu’en ayant fait une pds à 8h tu peux pas avoir le résultat à 10 mais t’y vas quand même). Le couperet est tombé vers 11h30 : BHCG = 1. J’ai dit « C’est négatif. », l’homme a dit « De quoi ? » (l’art de gagner du temps lui..), j’ai répondu « Ils finissent aux chiottes les poissons rouges. » « Bah le résultat ! » alors il s’est approché de l’écran et a dit « Ah. C’est mieux que zéro. » Ce qui m’a fait sourire au moins un quart de seconde. Je suis ensuite allée m’isoler en attendant que « la vague » arrive mais c’est mon mec les mains derrière le dos qui a fini par arriver. Il a dit « J’ai un petite surprise pour toi », j’ai dit « Ah bon c’est quoi ? » (pas un pour rattraper l’autre) et il m’a tendu ça :

recueil-sperme

(Peut-être as-tu la chance de te demander ce qu’est cet objet ?)

L’ironie c’est qu’il avait passé la matinée au Cecos pour un recueil de sperme (Vous faites quoi vous dans la vie ? Nous ? On fait de la pma pourquoi ? ) et qu’il m’avait rapporté un souvenir. On a ri comme des bouffons infertiles. Et puis tel le surfeur j’ai continué d’attendre la vague. Qui ne vint pas. Et puis deux jours après c’est toujours sans sourciller que je suis partie à la recherche d’un cadeau pour mon filleul dont on fêtait les deux ans le lendemain. Voilà, on était fairplay, la défaite facile. Ça avait fini par payer ce travail sur moi-même.

Mais bien sûr.

Là, je fais un bond en arrière qui me ramène au résultat de FIV2, notre FIV-one-shot, l’avant-avant-dernière tentative donc (oh on s’y perd dans tous tes négatifs ! ). Je retrouve cette sensation très désagréable d’avoir été frottée contre un mur en crépi (la pmette, toujours dans la modération) et une incontinence lacrymale non prévisible.

Donc cette fois-ci, pas FIV2, la dernière, FIV3 épisode 2 (je vais devoir m’interrompre souvent ?) le jour du résultat il m’est arrivé la même chose que pour le résultat de FIV2 : je me suis réveillée avant le réveil à cause d’un rêve.

Pour FIV2, j’étais en train de rêver que je pissais sur 3 tests, tous les trois positifs, ma soeur était avec moi comme à chaque fois que je vais faire pipi dans la vraie vie, c’était génial, c’était UN SIGNE. Je me lève je fais mon test, il faut imaginer le romantisme de la situation, le lever du jour, l’espoir, etc. Et puis les tests négatifs (oui tous les quatre, je suis têtue), la -désormais classique- course jusqu’à Drouot, le retour, les larmes, le réveil de l’homme qui n’a rien capté, les larmes, le résultat sur internet, les larmes, le déjeuner familial, la mini-nièce, la smala, les envies de meurtre.

Pour FIV3 épisode 2, lundi donc, au moins j’étais en train de rêver que j’assistais à la réanimation musclée d’un nouveau-né tout mou, ah ça on peut pas dire que mon inconscient me l’ait fait à l’envers cette fois, il m’annonçait la couleur de la journée. Re-lever aux aurores, re-ligne 7, re-Drouot, re-pluie et re-Janine qui me fait signe poing serré et clin d’oeil qu’on va le n**** Le Cosmos.

Je l’avais dit qu’il y avait beaucoup trop de déjà-vu dans ce début de journée.

Pour ne pas devenir dingue, j’ai décidé d’aller au ciné (je fais un point boulot, tu dois te dire que c’est sacrément la fête mon emploi du temps et c’est vrai, je suis free-lance tendance dilettante donc je compose à ma sauce, j’en suis très heureuse mais on ne compte pas vraiment sur moi pour payer le loyer), je suis sortie de là en début d’après-midi, j’avais reçu le fameux mail du labo qui me disait que la grenade était bien prête à être dégoupillée, je suis rentrée, j’ai pris l’homme par le cou, je l’ai assis à côté de moi (il avait pas tellement envie d’être là) devant la page web qu’on connaissait si bien et qui ne nous avait jamais fait crier de joie. Je lui ai dit « Prêt ? » , il a répondu « J’ai pas trop envie. » , on a quand même regardé.

BHCG = 0

L’homme a tenté un « Han merde c’est encore pire que la dernière fois. », bizarrement ça m’a pas fait rire.

Et j’ai pas eu besoin de l’attendre longtemps la vague cette fois-ci.

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7 réflexions au sujet de « « Mais ça va, t’inquiète pas. » »

    1. pennyenpma Auteur de l’article

      Mais la bonne nouvelle c’est que ça dure jamais. (bon en revanche tout ressort à chaque négatif, tels des toilettes bouchés, mais on sort les serpillières et ça finit par être à peu près clean)(on va trop loin dans les métaphores..)

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